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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/580

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LA MAISON FORESTIÈRE.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p590.jpg
Hâsoum ! Hâsoum ! C’est moi ! (Page 52.)


et de très-loin, ne franchit l’enceinte avant que les chasseurs ne fussent postés.

« Le diable vous étrangle ! s’écriait-il. A-t-on jamais vu quelque chose de pareil ! Voulez-vous bien vous taire, imbéciles d’animaux ! Ne voyez-vous pas que la bête va détaler ! »

Mais il avait beau crier, les chiens burckars, la tête en l’air, regardant le ciel, les yeux mélancoliques, n’en continuèrent pas moins leur chant lugubre. Zaphéri, dans cette extrémité, eut un trait qui montre le vrai chasseur. Comme il ne pouvait frapper les chiens, de peur de les faire crier encore plus fort, il partit ventre à terre devant eux, en criant aux veneurs :

« Tenez ferme ! »

Alors les chiens, croyant qu’il courait sur la bête, se turent et se mirent à tirer sur leurs laisses avec une fureur incroyable. Dans le même instant, les trois coups de trompe de Rébock retentirent au haut de la montagne, et Honeck, tout joyeux de voir que les chiens donneraient avec ensemble, les fit découpler aussitôt. En deux secondes, il n’y en avait plus un dans la vallée. Tous à droite, à gauche, le long des roches, dans les bruyères et les ronces, à trois ou quatre cents pieds sur la côte, le nez à terre, se glissaient, coulaient, bondissaient, se bousculaient et marchaient sur la piste.

« Pourvu que l’animal ne soit pas sorti de l’enceinte, avant que les postes n’aient été pris ! » cria Honeck.

Tous les veneurs pensaient la même chose