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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/460

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CONFIDENCES

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p470.jpg
— Oh ! monsieur Yéri, fit l’innocente Margrédel, vous ne pensez pas ce que vous dites, bien sûr ! (Page 36.)


lui donnait des nouvelles du canonnier : je voyais cela, j’en étais presque sûr, et il fallait rester.

Ah ! que j’aurais voulu apprendre que le grand Yéri était tombé du haut de sa grange la tête en avant, ou qu’il s’était fait casser les reins par un plus fort que lui ! Quel n’aurait pas été mon bonheur ! Mais aucune de ces choses n’arriva, et maintenant il faut que je raconte la fête ; — puisque j’ai commencé, il faut que je finisse.


IX


La réponse de Kirschberg arriva le soir même, vers huit heures. Nous étions à souper, lorsque Nickel entra le bâton à la main, et nous annonça que Yéri-Hans acceptait le dîner de M. Stavolo, qu’il était content de le savoir rétabli de son entorse, et qu’il se ferait un véritable honneur de lutter avec lui sur la place d’Eckerswir, devant tout le monde.

Ces nouvelles remplirent Margrédel de joie, mais elle était bien trop maligne pour le laisser paraître.

« Voyez pourtant, s’écria-t-elle d’un air étonné, Kasper avait raison ! Je n’aurais jamais cru que Yéri-Hans viendrait, non, je ne l’aurais jamais cru. »

L’oncle Conrad, dans son enthousiasme, voulut me montrer tout de suite plusieurs nouveaux tours qu’il avait inventés pour abattre le grand canonnier, mais j’en avais bien assez.