Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/44

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
40
L’ILLUSTRE DOCTEUR MATHÉUS.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p054.jpg
Un bon apôtre partit d’un éclat de rire. (Page 28.)

Coucou Peter étant entré dans la salle, lui dit :

« Maître, asseyez-vous là, au haut de la table ; moi, je me place à votre droite pour soutenir la doctrine. »

Et Frantz Mathéus s’assit à l’endroit que lui désignait son disciple, au haut de la table, en face des fenêtres.

Bientôt la salle fut envahie par une foule de gens venus de tous les points de l’Alsace et de la Lorraine, tous bons paysans qui logeaient aux Trois-Roses, et ne regardaient pas à quarante sous pour faire un dîner convenable ; il y avait aussi quelques montagnards, parmi lesquels se trouvaient dame Thérèse et Hans Aden ; ils s’assirent à la droite de Coucou Peter, qui prit à sa gauche le grand couteau et la grande fourchette à manche de corne pour » découper les viandes.

Et la soupe étant servie, le dîner commença en silence.

Dame Thérèse, son enfant sur les genoux, paraissait bien heureuse d’être près de Coucou Peter, qui veillait sur elle avec le plus grand soin, et lui donnait les meilleurs morceaux.

Or, la nouvelle des prédications de Mathéus et de ses miracles s’étant répandue dans Haslach, on accourait de toutes parts autour de l’auberge, et les gens regardaient par les fenêtres dans l’intérieur de la salle, demandant où était le prophète. La mère Jacob, sur le pas de la porte, leur expliquait toutes choses, et les servantes, restées seules, avaient peine à servir le dîner ; Katel courait autour des tables