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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/421

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L’AMI FRITZ.


Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p431.jpg
Sûzel, tu ne m’aimes donc pas, que tu refuses de répondre ? (Page 93.)

Kipert, se retournant, demanda :

Qu’est-il donc arrivé, mademoiselle Katel ?

— Rien, fit la grosse fermière ; nous causions tranquillement, quand il est tombé. »

Le vieux médecin, regardant de nouveau Kobus, dit :

« Il n’a rien… une émotion… une idée ! Allons… du calme… ne le dérangez pas…. il reviendra tout seul. Je vais faire préparer la potion moi-même chez Harwich. »

Mais comme il allait sortir et jetait un dernier regard au malade, Fritz ouvrit les yeux.

« C’est moi, monsieur Kobus, dit-il en revenant ; vous avez quelque chose… un chagrin… une douleur… n’est-ce pas ? »

Fritz referma les yeux, et Kipert vit deux larmes dans les coins.

« Votre maître a des chagrins, » dit-il à Katel tout bas.

Dans le même instant Kobus murmurait :

« Le rebbe !… le vieux rebbe !

— Vous voulez voir le vieux David ? »

Il inclina la tête.

« Allons, c’est bon ! le danger est passé, dit Kipert en souriant. Il arrive des choses drôles dans ce monde. » Et, sans s’arrêter davantage, il sortit.

Katel, à l’une des fenêtres, criait déjà :

« Yéri ! Yéri ! »

Et le petit Yéri Koffel, le fils du tisserand, levait son nez barbouillé dans la rue.

« Cours chercher le vieux rebbe Sichel, cours ; dis-lui qu’il arrive tout de suite. »