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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/396

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L’AMI FRITZ.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p406.jpg
Nous avons vendu notre chèvre… pour payer quelque chose. (Page 53.}


dehors, à faire une partie de quilles au Panier-Fleuri, chez le père Baumgarten, au bord du Losser.

Sur cette pensée, Fritz s’avança jusque près de la porte de Hildebrant, et, regardant du côté du bouchon, qui se trouve à une demi-portée de canon de Hunebourg, il crut remarquer en effet des figures derrière les grands saules.

Alors, tout joyeux, il descendit du talus, passa sous la porte, et se mit en route, en suivant le sentier de la rivière. Au bout d’un quart d’heure, il entendait déjà les grands éclate de rire de Hâan, et la voix forte de Schoultz criant : « Deux ! pas de chance ! »

Et, se penchant sur le feuillage, il découvrit devant la maisonnette, — dont la grande toiture descendait sur le verger à deux ou trois pieds du sol, tandis que la façade blanche était tapissée d’un magnifique cep de vigne, — il découvrit ses deux camarades en manches de chemise, leurs habits jetés sur les haies, et deux autres, le secrétaire de la mairie, Hitzig, sa perruque posée sur sa canne fichée en terre, et le professeur Speck, tous les quatre en train d’abattre des quilles au bout du treillage d’osier qui longe le pignon.

Le gros Hâan se tenait solidement établi, la boule sous le nez, la face pourpre, les yeux à fleur de tête, les lèvres serrées et ses trois cheveux droits sur la nuque comme des baguettes : il visait ! Schoultz et le vieux secrétaire regardaient à demi courbés, abaissant l’épaule et se balançant, les mains croisées sur le dos ; le petit