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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/28

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L’ILLUSTRE DOCTEUR MATHÉUS.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p038.jpg
Il examina le mélange avec une attention vraiment psychologique. (Page 14.)

« Encore un petit baiser pour l’amour de la pérégrination des âmes !

— Ah ! le coquin ! disait Mathéus, quel drôle de disciple j’ai là ! »

Enfin, voyant tous les paysans accourir avec leurs bâtons, il enfourcha Bruno, sauta pardessus l’auge, et entra dans l’écurie en criant :

« Elles sont jolies, les filles d’Oberbronn ! oh ! Dieu ! c’est doux à la bouche comme des cerises, c’est croquant comme des noisettes ! »

Puis il voulut tirer le verrou, car les garçons étaient furieux.

Par malheur, le fils du garde-champêtre, Ludwig Spengler, dont il avait embrassé la maîtresse, arriva presque aussitôt que lui et mit son bâton entre le mur et la porte.

Alors tous les autres se précipitèrent dans l’écurie, et mon Coucou Peter, qui criait comme un beau diable, disant :

« Mes amis, mes chers amis, c’était une farce, une petite farce pour rire ! » fut étrillé de la bonne manière.

On l’entraîna dehors et les coups de bâton pleuvaient dru comme grêle.

« C’est doux comme des cerises ! disait l’un.

— C’est croquant comme des noisettes ! disait l’autre.

— Oh ! que j’aime ça ! » criait Ludwig Spengler en frappant à tour de bras.

Mathéus, témoin de l’affaire, criait du haut de la fenêtre.

« Courage, courage, Coucou Peter ! accepte cette épreuve anthropo-zoologique avec la résignation d’un philosophe ; remercie même