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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/277

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LE TRÉSOR DU VIEUX SEIGNEUR.



Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p287.jpg
Nous nous glissâmes contre les murs comme des malfaiteurs. (Page 26. )


si grotesque, que je restai cloué sur le seuil, le cou tendu, la bouche béante, comme en présence d’un rêve.

Selsam, sans s’émouvoir, m’avança gravement un siège, et M. le conservateur du Musée poursuivit ses explications :

« Ceci, Messieurs, dit-il, est le fameux buscartibia des Suisses : il a des sons terribles, qui se prolongent à travers les échos et dominent le fracas des torrents. Si M. le conseiller Théodore veut le prendre, je ne doute pas qu'il n’en tire des effets grandioses. »

Il me remit cette corne de bœuf d’un air solennel ; et, s’adressant au prosecteur Kasper Marbach :

« Votre tambour, Monsieur, est ce que nous avons de plus admirable dans le genre : c’est le karabo des Égyptiens et des Abyssins ; les jongleurs s’en servent pour faire danser les serpents et les bayadères.

— Est-ce cela ? fit le prosecteur, en frappant un coup alternativement de la main droite et de la main gauche.

— Très-bien !… très-bien !… vous réussirez. — Et quant à M. le doyen, il n’aura qu’à donner un coup, de seconde en seconde, sur son plateau : le fameux tam-tam, dont les sons lugubres ressemblent aux glas du gros bourdon de notre cathédrale. Ce sera d’un effet colossal, surtout dans le silence de la nuit… — Avez-vous compris, Messieurs ?

— Très-bien.

— Alors nous pouvons partir.

— Un instant, dit le docteur, il est nécessaire