Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/252

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
181
LE TISSERAND DE LA STEINBACH.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p262.jpg
Subitement ils se penchèrent tous trois… (Page 178.)

cela ! Est-ce qu’un épervier peut jamais être heureux dans une cage ? Non, n’est-ce pas. On a beau lui donner les meilleurs morceaux, ça ne l’empêche pas d’être triste. Il regarde le ciel à travers les barreaux de sa prison… ses ailes tremblent… il finit par mourir ! — Eh bien, depuis dix ans, je suis comme cet épervier ! »

Il se tut quelques secondes, puis, tout à coup, comme entraîné malgré lui :

« Oh ! s’écria-t-il, les montagnes !… les forêts !… la solitude !… la vie des bois !… »

Il étendait les bras vers les cimes lointains des Vosges, dont les masses noires se dessinaient à l’horizon, et de grosses larmes roulaient dans ses yeux.

« Pauvre vieux ! me dis-je en le quittant, pauvre vieux ! »

Et je remontai tout pensif le petit sentier qui longe la côte, au milieu des bruyères.

Fin du tisserand de la Steinbach.