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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/212

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MAITRE DANIEL ROCK.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p222.jpg
Le défilé dura jusqu’à cinq heures du soir… (Page 143)

telles que la chapelle du Dagsberg, les ruines du Nideck et du Haut-Bar, la grotte de Valscheid et les verreries de Valerysthâl, toutes choses fort remarquables sans doute, mais dont on se lasse à la longue ; il advint, dis-je, que ces chères dames commencèrent à s’ennuyer et jetèrent un regard de regret vers Paris… bâillant tout le jour et s’écriant :

« Ah ! que cette existence est monotone !… mon Dieu… mon Dieu… qu’allons-nous faire aujourd’hui ? »

Ce que voyant, maître Élias, toujours à l’affût de leurs moindres désirs, et s’efforçant d’imaginer chaque jour quelque nouvelle partie de plaisir, pour conserver la bonne humeur de ses chers petits anges, maître Élias leur dit en souriant :

« Chers petits anges, vous êtes ennuyées de voir toujours des bois, des torrents et des ruines… vous bâillez et vous soupirez… cela ne m’étonne pas : des esprits délicats comme les vôtres doivent aimer le changement… Quand on voit toujours des montagnes, des montagnes et des montagnes… cela vous blesse la vue !… Mais qu’il soit permis à un vieux bonhomme tel que moi de vous dire qu’on ne vous a pas encore tout montré, et que nous avons dans notre pays une curiosité plus rare que toutes les chapelles du monde… une chose vraiment unique, et que j’ai réservée pour vos distractions et votre réjouissance, lorsque vous seriez fatiguées de tout le reste. »

Et comme les jeunes dames, couchées sur leurs divans, le regardaient toutes curieuses,