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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/12

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L’ILLUSTRE DOCTEUR MATHÉUS.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p018.jpg
Quand le grand Antiochus… (Page 7.

donc !… Jacques !… Hubert !… Christian ! »

Mais personne ne voulait l’entendre, tout le village était aux trousses de Mathéus ; on hurlait, on sifflait, les chiens aboyaient ; on aurait dit la fin du monde.

Bientôt on revit l’illustre docteur gravir au galop le Falberg ; il avait traversé la Zinsel à la nage ; il se tenait au cou de Bruno et les basques de sa grande capote flottaient en l’air, tant il allait vite.

Enfin il disparut dans les bois, et les paysans se regardèrent l’un l’autre tout ébahis.

Jean-Claude voulut alors reprendre la continuation de son beau discours, mais chacun lui tournait le dos en disant :

« À quoi sert ton discours, puisque nous avons perdu notre bon docteur ? Ah ! si nous avions su ! on l’aurait retenu par la bride ! »

Et voilà comment l’illustre docteur Frantz Mathéus, grâce à sa résolution héroïque, à sa présence d’esprit et aux vigoureux jarrets de Bruno, parvint à reconquérir son indépendance.


IV


On peut se figurer la joie de Mathéus, quand il se vit sauvé de Jean-Claude et de tous les autres. Les cris lointains du village expirèrent bientôt à son oreille et firent place au vaste silence des forêts.

Alors le bonhomme, louant Dieu de toutes