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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/108

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HUGUES-LE-LOUP

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p118.jpg
Knapwurst s’était remis à sa lecture. (Page 39.)

ver en s’inclinant, et je suis à vos ordres.

— Des circonstances impérieuses m’obligent à partir au milieu de la tourmente, reprit le baron en indiquant les vitres floconneuses. Je voudrais atteindre le Wald-Horn, à six lieues d’ici.

— Ce sera difficile, Monseigneur, toutes les routes sont encombrées de neige.

— Je le sais… mais il le faut !

— Un guide vous serait indispensable : moi, si vous le voulez, ou bien Sébalt-Kraft, — le grand veneur du Nideck ; il connaît à fond la montagne.

— Je vous remercie de vos offres, Monsieur, et je vous en suis reconnaissant ; mais je ne puis les accepter. Des renseignements me suffisent. »

Sperver s’inclina, puis s’approchant d’une fenêtre, il l’ouvrit tout au large. Un coup de vent impétueux chassa la neige jusque dans le corridor, et referma la porte avec fracas.

Je restais toujours à ma place, debout, la main au dos de mon fauteuil ; le petit Kasper s’était effacé dans un coin. Le baron et son. écuyer s’approchèrent de la fenêtre.

« Messieurs, s’écria Sperver, la voix haute, pour dominer les sifflements du vent, et le bras étendu, voici la carte du pays. Si le temps était clair, je vous inviterais à monter dans la tour des signaux, nous découvririons le Schwartz-Wald à perte de vue… mais à quoi bon ? Vous apercevez d’ici la pointe de l’Altenberg ; et plus loin, derrière cette cime blanche, le Wald-Horn où l’ouragan se démène ! Eh bien ! il faut mar-