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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/100

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HUGUES-LE-LOUP

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p110.jpg
Il pense que cela pourra le guérir. (Page 18.

— C’est cela. Bonne nuit, Fritz.

— Bonne nuit, Gédéon ; n’oublie pas de me faire appeler, si le comte allait plus mal.

— Sois tranquille. — Lieverlé !… pstt ! »

Ils sortirent. Comme ils traversaient la plate-forme, j’entendis l’horloge du Nideck sonner onze heures.

J’étais rompu de fatigue.


IV


Le jour commençait à bleuir l’unique fenêtre du donjon, lorsque je fus éveillé dans ma niche de granit par les sons lointains d’une trompe de chasse.

Rien de triste, de mélancolique, comme les vibrations de cet instrument au crépuscule, alors que tout se tait, que pas un souffle, pas un soupir ne vient troubler le silence de la solitude ; la dernière note surtout, cette note prolongée, qui s’étend sur la plaine immense, éveillant au loin, bien loin, les échos de la montagne, a quelque chose de la grande poésie, qui remue le cœur.

Le coude sur ma peau d’ours, j’écoutais cette voix plaintive, évoquant les souvenirs des âges féodaux. La vue de ma chambre, de cette voûte basse, sombre, écrasée, antique repaire du loup de Nideck, et plus loin cette petite fenêtre à vitraux de plomb, en plein