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ENTRE DEUX BATAILLES


part, il a derrière lui soixante siècles d’histoire enregistrée au cours desquels a été constitué le patrimoine dont « il est à la fois bénéficiaire et responsable ». Prenons donc ces deux réalités régulatrices de notre vie et entreprenons de les analyser en allant du général au particulier, des ensembles au détail, du tableau des apparences à l’explication plus ou moins profonde selon le temps dont on dispose. Ainsi se trouvera créée cette « ère d’idées générales » qui, encastrée entre l’école et l’université, constituera le nouvel enseignement secondaire et distribuera à tous une lumière initiale bienfaisante.

Ces notions indiquées pour la première fois en 1900[1] furent incomprises et laissèrent l’opinion indifférente. Exposées de façon plus précise, sept ans plus tard[2], elles furent taxées d’utopisme et soulevèrent çà et là quelques colères. Cependant un petit noyau de partisans s’était formé autour d’elles. Avec le concours précieux de mon ami tant regretté Gabriel Lippmann, je mis sur pied des programmes détaillés, l’un de sciences, l’autre d’« humanités ». Il n’avait pas hésité, lui, l’illustre physicien, à consentir au « sabotage » de la physique et de la chimie en tant qu’éléments autonomes de l’enseignement secondaire, adhérant pleinement à l’idée qu’il ne faut pas chercher à maintenir cette autonomie au détriment d’autres connaissances et qu’aussi bien il n’y a aucun intérêt pédagogique ou social à ce que le collégien apprenne par quelles séries de tâtonnements ou d’expériences on est parvenu à découvrir telle loi ou à isoler tel corps. Pour l’élève, disions-

  1. Notes sur l’Éducation publique (Hachette et Cie).
  2. L’Analyse universelle (Alcan).