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ENTRE DEUX BATAILLES


boules lumineuses que tient en ses mains élevées vers le ciel l’immortelle figure dessinée par Puvis de Chavanne.

Le centre du mal était dans l’enseignement dit secondaire ; c’est là qu’il convenait d’appliquer le remède. À l’école primaire de répandre les bases techniques de la culture ; à l’école supérieure ou universitaire d’enseigner le spécialisme pratique ou scientifique. Entre les deux il fallait faire de l’enseignement secondaire « une ère d’idées générales ». Tel était le principe fondamental de la réforme. Il supposait la substitution de l’analyse à la synthèse comme méthode d’instruction. En effet, qu’a été jusqu’ici l’enseignement secondaire non seulement en France, mais dans la plupart des pays ? Une vaste tentative de synthèse opérée dans le cerveau de l’adolescent à l’aide d’éléments variés qui s’appellent la physique, la chimie, la littérature, l’histoire, la botanique… et devant aboutir à pourvoir celui-ci d’une conception homogène du monde et de la vie. Or, la synthèse ne se fait plus. Les éléments qui la réalisaient sont devenus trop nombreux. Il a fallu en écarter d’essentiels : d’autres n’ont plus été utilisés que sous des formes mal assimilables. Inutilement avancé sur certains points, totalement ignorant sur d’autres, l’adolescent se trouve désorienté par l’émiettement forcé de ses connaissances, l’abondance des formules et des idées toutes faites, l’impuissance à tirer de ce qu’il a appris des conclusions vivantes.

Cependant, toute l’existence humaine est dominée par deux réalités : l’homme dépend de la planète sur laquelle il est fixé, de ses mouvements, des lois mécaniques, physiques, chimiques qui la régissent. D’autre