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Page:Entre deux batailles- Pierre de Coubertin-1922.djvu/13

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ENTRE DEUX BATAILLES


Ils sont rétablis pourtant, et le principe en est désormais accepté par toutes les nations. La succession des Olympiades a pénétré la vie internationale dont elle devient un facteur régulier. La viiie Olympiade doit être célébrée à Paris en 1924, en même temps que le xxxe anniversaire de leur rétablissement ; et déjà Amsterdam se prépare à organiser, en 1928, les Jeux de la ixe Olympiade. Dans les pays les plus lointains, la jeunesse s’entraîne à l’effort musculaire qui lui vaudra l’honneur de paraître dans le stade sur les murs duquel, par une décision récente du Comité International Olympique, les noms des vainqueurs devront dorénavant demeurés gravés. Ce Comité, que j’ai l’honneur de diriger depuis le début et dans lequel siègent les représentants de quarante-deux nationalités d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique est, comme on le disait l’an passé à la tribune de Genève, une petite Société des Nations qui, à travers plus de vingt-sept ans d’existence, a dû affronter bien des conflits, mais n’a guère connu l’insuccès. Il a marché régulièrement dans la voie d’un internationalisme progressif.

Or, c’est cet internationalisme qui est, à l’heure actuelle, le meilleur, disons mieux, le seul garant de la durée du mouvement de rénovation sportive si nécessaire pourtant à la santé des sociétés modernes. Car, ne nous y trompons pas, le sport n’est pas naturel à l’homme, et la sportivité d’un peuple est une plante artificielle et délicate. Sans la religion, les spectacles, le trafic, la réclame qui prolongèrent son existence,