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DOUCES AMIES

le corps n’existe plus, et que l’âme seule vit, l’âme flamboyante et magnifiée par la présence mystérieuse de la beauté suprême, immense et infinie.

La femme qu’on adore, n’est-elle pas notre dieu. N’est-elle pas plus puissante que toute divinité ?

XVI

Elle aimait les baisers qui terrassent toute force, les étreintes farouches qui épuisent, les rages de volupté où l’on s’anéantit.

Accablée, inerte, presque morte, Marcelle alors se réfugiait dans mes bras, s’abandonnait aux lourds sommeils qui succèdent à l’ivresse.

Mais brusquement, chaque fois, avant minuit, elle s’éveillait. Puis s’évadant du lit, elle nouait ses cheveux d’or, et faisait sa toilette :

— Ah ! mon chéri, disait-elle, comme nous sommes malheureux de ne pouvoir demeurer, toute la nuit, doucement assoupis, l’un à l’autre liés…

Une fois, je répliquai :