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Page:Duru et Chivot - La Fille du tambour-major.djvu/12

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TOUTES, rompant les rangs et l’entourant.

Quoi donc ?… Qu’avez-vous ?…


LA PRIEURE.

Parlez, parlez, Grégorio…


GRÉGORIO.

Que saint Grégoire, mon patron, nous protège !… (D’une voix étranglée.) Les Français sont ici !…


TOUTES, avec effroi.

Les Français !…


LA PRIEURE.

C’est impossible !… Seriez-vous devenu fou ?


GRÉGORIO.

Pas encore… mais ça ne tardera pas… Faut vous dire que j’étais sorti pour faire quelques achats de graines… je me trouvais tout au bout du village… quand tout à coup, j’entends comme un bruit de tambour…


TOUTES.

De tambour… Ah ! mon Dieu !


GRÉGORIO.

Je me glisse derrière un gros arbre… j’attends… et qu’est-ce que je vois surgir… — les cheveux m’en dressent encore sur la tête… — des uniformes français !


LA PRIEURE.

Vous en êtes sûr ?…


GRÉGORIO.

Ah ! je les connais bien, allez… Je les ai déjà vus en 96… il y avait tout un régiment… des tambours qui battaient… une vivandière avec sa voiture… et des clairons… traînée par un âne… qui jouaient de la trompette…


TOUTES.

Grand Dieu !