Page:Duru et Chivot - La Fille du tambour-major.djvu/110

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Scène III

CLAMPAS, LE DUC DELLA VOLTA, puis BAMBINI.



LE DUC, entrant par la gauche et parlant à la cantonade.

Oui, madame, je suis le maître !… (Descendant très en colère.) A-t-on jamais vu pareille chose !… Oser élever la voix après m’avoir ridiculisé… c’est trop fort !… Quelle honte !… moi, un noble duc, avoir épousé une ex-blanchisseuse !… la femme d’un teinturier !… et elle a l’audace de me dire qu’elle a perdu au change !… (Retournant à gauche.) C’est indécent, madame !… (Redescendant.) Oh !… je suis crispé !… et ce Bambini qui ne vient pas… (Apercevant Clampas.) Ah ! Si, le voilà… (Allant à Clampas.) Enfin, Bambini…


CLAMPAS.

Pardon, signor, vous vous trompez…


LE DUC.

Pas possible !… (Mettant son lorgnon.) Tiens, c’est l’aubergiste…


CLAMPAS, voyant paraître Bambini au fond.

Mais je crois que voilà la personne que vous demandez…

Il remonte et sort.


BAMBINI, au fond, apercevant Della Volta et descendant vers lui.

Ah !… cher duc…


LE DUC.

Arrivez donc… je commençais à craindre que vous n’eussiez renoncé à vos projets de mariage.


BAMBINI.

Moi ?… du tout… Vous ne me connaissez pas… les difficultés m’excitent… Il me faut Stella, je la veux !…