Ouvrir le menu principal

Page:Duru et Chivot, Madame Favart.djvu/80

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


J’y renonce (A madame Favart, très-vite.) Mais il faut que vous sachiez une chose, madame… J’hésitais à vous le dire… par délicatesse… je n’hésite plus… et puisque vous me repoussez, puisque vous me sacrifiez à votre mari, apprenez que, lui, il vous trompe !… Oui, madame, il a une maîtresse !…


MADAME FAVART.

Allons donc !


PONTSABLÉ, continuant.

Qu’il cache ici dans votre propre maison !… (Avec éclat) Et cette maîtresse, c’est madame Favart..


FAVART, à part, se rapprochant.

Hein ?


MADAME FAVART, à part.

Ciel !… (Haut.) Qui a pu vous dire… ?


PONTSABLÉ.

Une vieille amie à moi… que je n’ai pas vue depuis une trentaine d’années… la comtesse de Montgriffon.


MADAME FAVART, à part.

Elle m’avait reconnue…


PONTSABLÉ.

Elle m’a écrit un petit billet, où elle me donne rendez-vous ici ce soir… et c’est elle-même qu me désignera notre habile comédienne.


MADAME FAVART, à part, très-vivement.

Je suis prise !… Maudite vieille ! ah ! il faut absolument que je m’éloigne… Mais que faire ? (Par inspiration.) Ah ! une attaque de nerfs… (Haut.) Ah ! marquis !… marquis !


PONTSABLÉ, courant à elle.

Quoi donc ?


MADAME FAVART, avec des pleurs.

Vous m’avez ouvert les yeux… lui !… une maîtresse !… Ici !… chez moi !… oh ! c’est affreux !