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Scène VII

Les Mêmes, MADAME FAVART.



HECTOR et SUZANNE, allant à madame Favart.

D’où venez-vous ?


MADAME FAVART.

De chez le roi !


SUZANNE.

Quoi ! vous avez osé ?…


MADAME FAVART.

Oui… et si vous aviez vu quel effet quand l’officier de service a annoncé : madame Favart !

RONDEAU.
––––––J’entrai sous la royale tente,
––––––Le front baissé, toute tremblante,
––––––Et je m’arrêtai, l’air penaud,
––––––Roulant dans mes doigts mon chapeau.
––––––Il se fit un profond silence,
––––––Chaque courtisan, à part soi,
––––––Se demandant si ma présence
––––––N’allait pas déplaire au grand roi.
––––––J’étais là, ne sachant que dire,
––––––Quand j’entends un éclat de rire
–––––––––––Ah ! ah ! ah !
––––––Je regarde un peu de côté…
––––––Ça partait de Sa Majesté…
–––––––––––Ah ! ah ! ah !
––––––Il prenait la chose au comique,
––––––Aussitôt chaque courtisan
––––––Et tout le corps diplomatique
––––––S’empressèrent d’en faire autant.
––––––––––Ah ! ah ! ah ! ah !
––––––Ce fut un rire mémorable.
––––––Jugeant le moment favorable,