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Page:Dupeuty, Bourget - Tromb-Al-Ca-Zar.pdf/1

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CHAQUE PIÈCE, 20 CENTIMES

391e et 392e LIVRAISONS.

THÉÂTRE CONTEMPORAIN ILLUSTRÉ MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS

RUE VIVIENNE, 2 BIS

Dupeuty, Bourget - Tromb-Al-Ca-Zar, 1858, illust 1.jpg
TROMB-AL-CA-ZAR
ou
LES CRIMINELS DRAMATIQUES
BOUFFONNERIE MUSICALE EN UN ACTE
Paroles DE MM. Ch. DUPEUTY et E. BOURGET
Musique de M. J. OFFENBACH
REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS, À PARIS, SUR LE THÉÂTRE DES BOUFFES-PARISIENS, LE 3 AVRIL 1856.

DISTRIBUTION DE LA PIÈCE :
BEAUJOLAIS 
  
MM. Pradeau.
VERT-PANNÉ 
  
Léonce.
GIGOLETTE 
  
Mlle Schneider.
IGNACE 
  
M. Rubel.
Quatre danseuses, comédiens 
  
Personnages muets.


La scène se passe en France, dans les Basses-Pyrénées, au bord de la mer.
— Droits de représentation, de reproduction et de traductions réservées. —




Le théâtre représente l’intérieur d’une auberge sur la côte près de Saint-Jean-de-Luz, Basses-Pyrénées. — Portes à droite et à gauche, porte au fond. — Une fenêtre à gauche au-dessus de la huche. — Un buffet, table à gauche.




Scène PREMIÈRE.

IGNACE, seul, entrant par la gauche.


(Au lever du rideau, il ferme la porte du fond et descend les bras croisés jusque sur le trou du souffleur.)

Les poules n’ont pas pondu ce matin… la girouette a fait cric, crac, et n’a pas tourné… j’ai marché sur la queue d’un lézard… j’ai rêvé oie, c’est mauvais signe… il m’arrivera quelque chose… Encore si c’était quelqu’un… un voyageur à héberger !… Mon Dieu ! que j’ai donc été bête de planter là ma cousine Simplette ! tout ça pour louer cette petite auberge sur la côte, où je passe ma vie à manger moi-même mes provisions, et à mourir de peur ! Avec ça que pour m’achever voilà qu’on reparle des trabücayres, ces mandrins de l’Espagne qui viennent à leurs moments perdus nous honorer de leurs massacres… Il paraîtrait que le farouche Trombalcazar, leur chef, a été battu, défait, séparé de sa troupe, et poursuivi par la gendarmerie… Mais j’y pense, s’il est traqué, il peut venir ici, en flânant, vu que la maréchaussée n’y vient que tous les trente-deux du mois. (On frappe à la porte, il fait un soubresaut.) Oh la la ! qu’est-ce que c’est que ça ? Une pratique ou un voleur ?


Scène II

IGNACE, BEAUJOLAIS, entrant par le fond.


(Il porte un affreux costume de mousquetaire, avec la rapière au côté et une rangée de pistolets à sa ceinture.)


BEAUJOLAIS, descendant la scène.
––Ô rage ! ô désespoir ! coquin de baromètre !
––Poursuivi par la pluie et par l’autorité !…
––Contre un double ennemi je ne sais où me mettre…
––Arrêtons-nous ici, de peur d’être arrêté !
––––––––Comment moi, Buridan,
––––––––Don César de Bazan,