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Catilina, patricien et pauvre, était un ambitieux, semblable en cela à tous les Romains notoires de son temps. Il fut Questeur, puis Préteur, et se fit envoyer comme Proconsul en Afrique l’année qui suivit sa préture. Il revint peu après pour briguer les licteurs du Consul, contre Cicéron même, mais ne fut pas élu. Était-il pire que tous autres ? Rien ne l’affirme et les Romains, même Salluste, qui conta son histoire, aimaient sans doute beaucoup trop à nantir les vaincus de tous vices. Bien entendu, on ne saurait nier que Catilina ait été un révolutionnaire ardent et décidé. Il prônait l’abolition des dettes et avait constitué un parti communiste ayant la lutte de classe comme principe. Il se proclamait le chef des gueux et voulait faire la révolution à leur bénéfice. Il réunit même des amis et forma une sorte de légion d’esclaves urbains pour appuyer sur une force authentique des projets évidemment sanglants de coup d’État.

Il est peut-être difficile de réhabiliter Catilina, car il ne nous est pas venu sur cet homme curieux et passionnant de documents favorables. Ceux qui approuvent la guerre civile de Sylla et de Marius, de Pompée et de César, d’Antoine et d’Octave, désapprouvent, surtout parce qu’elle fut défaite, la guerre ci-