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PÉPITO.

À présent, à l’ouvrage !


FIAMETTA.

C’est ça… pendant qu’à mon tour, je finirai de déjeuner… (Lui posant la bêche et le râteau sur l’épaule.) Tiens… va aux céleris, mon petit homme, va aux céleris.


PÉPITO.

Non… tu te trompes… ce n’est pas ça… (Lui remettant les outils sur l’épaule.) Va aux céleris, ma petite femme, va aux céleris. (Il va négligemment prendre la chaise de droite, s’y assied à califourchon, tire une pipe et un briquet de sa poche, met la pipe à sa bouche et bat le briquet)


FIAMETTA, pleurant.

Ah ! mon Dieu !… Tout à l’heure, c’était donc pour de bon ! Oh ! le petit monstre !… (Jetant les outils.) Eh bien ! non !… je n’irai pas ! Et bien plus, je vais mettre ma plus belle toilette et courir à la fête du village !


PÉPITO.

Non… tu te trompes encore… La fête, ce sera moi…


FIAMETTA.

Ah ! c’est trop fort ! Et tu crois que ça va se passer ainsi !


PÉPITO, de même.

Voilà comme ça va se passer… Tu vas m’apporter ma veste et ma cravate pour me faire beau.


FIAMETTA.

Non !


PÉPITO, de même.

Madame Pépito, je vous invite poliment à m’aller chercher mes atours.


FIAMETTA.

Je n’entends pas… j’ai l’oreille dure.


PÉPITO, se levant et posant sa pipe sur la table.

Ah ?… Il faut donc alors m’adresser à un organe plus sensible…[1] (Il demande le râteau.) Madame Pépito !…


FIAMETTA, jetant un cri.

Ah !


PÉPITO.

Je comptais sur cet effet.


FIAMETTA, hors d’elle.

Vous êtes un monstre !


ENSEMBLE.
AIR : quadrille du Violon du diable. (Finale.)

FIAMETTA.


Va, de tes mépris,
Monstre, j’aurai bientôt vengeance !
N’en sois pas surpris,
Ton insolence aura son prix !


PÉPITO, riant.


Va, malgré tes cris,
Je te force à l’obéissance !
Va donc, je me ris
De ta fureur et de tes cris.

  1. P., F.