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treprenais de raconter, j’ai pu utiliser quelques documents et beaucoup de souvenirs personnels, tout en éprouvant à quel point il peut être ardu d’étudier les questions auxquelles on a été mêlé et qui sont les plus proches de nous ; je me suis efforcé d’y mettre toute la méthode et le soin minutieux nécessaire. Non seulement j’ai tenu à voir ou à revoir toutes les pièces du procès, collections de revues, premières éditions, articles ; mais j’ai fait appel aux souvenirs et à la collaboration des survivants, le seul d’entre eux à qui je n’aie pu m’adresser ayant fourni son témoignage en maint article que je me suis fait un devoir d’examiner avec la scrupuleuse attention critique que la Sorbonne sait enseigner aux siens ; j’ai demandé enfin, par la voix du Mercure de France, à toutes les personnes qui auraient des renseignements à me fournir ou des objections à me présenter de vouloir bien me les adresser.

Cette étude sera uniquement historique ; je veux dire qu’elle n’a pas pour objet d’expliquer quelle a été la place du vers libre dans l’évolution de la technique poétique, moins encore d’exposer à quels phénomènes phonétiques il répond, mais seulement de rechercher comment, aux environs de l’année 1886, il est apparu dans notre littérature. À chaque jour sa tâche ; ainsi limitée, celle que j’ai assumée est suffisamment considérable. Il importe toutefois