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LA LEGENDE D’ANTONIA


L’Amante

Ô choses,
Vous me dites de profondes métempsycoses ;

Vos souffles apaisent
Les terreurs mauvaises ;

Vos douceurs enombrent
L’horreur des nocturnes décombres ;

Vos enlacements évoquent
Les anciens colloques.

Ô nuit des fiançailles,
Ordonnez-vous que j’aille
Vers les nouvelles épousailles ?



L’Amant

Ô jeune fille, ô dame,
Les murmures de la nuit brament
Dans les tréfonds de nos âmes.

Eh ! qu’importe souffrir,
Qu’importe mourir,

Si nos êtres se sont embaumés
D’avoir, un instant, aimé ?