Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/68

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
50
LA LEGENDE D’ANTONIA

Tout vient, tout advient, tout revient…
Rien
Ne meurt dans l’océan des jours anciens…

Écoute !…
Là-bas, tout au là-bas, sur la route,
Dans les replis où les pensées les plus ténébreuses s’envoûtent

Au profond des grèves
Le souvenir se lève,

Et sur les sommets,
Parmi les rocs où l’âme affolée se complaît,
La malédiction fatale reparaît.



L’Amant

Que dis-tu ? Que vois-tu ? Où s’en va ton esprit dans le vide et l’inconnu ?

De quelle détresse Est-ce que l’écho t’oppresse ?

Tu parles d’anathème… Tes joues sont blêmes…

Ah ! souviens-toi, pauvre âme ! Le soir où nous nous rencontrâmes,