Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/49

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
31
ANTONIA

Et nous suivrons parmi les choses toutes oubliées
Les hymnes continuées
De nos deux mains liées
Et de nos têles l’une à l’autre appuyées.

Va !
Nous ne demeurerons pas là ;

Nous tendons nos voiles
Vers les étoiles.

… N’est-ce pas, amie, que nous irons
La route tout entière de nos vocations ?



L’Amante

Si le vent d’est se lève,
Le sable des grèves
S’envole aussitôt vers les pays de rêve ;

Quand naît l’aube nouvelle,
L’oiselle
Secoue ses ailes ;

Que le ramier paraisse,
Et les colombes ont des frissonnements et des allégresses ;

La charmille
Fleurit dès que le mai brille ;