Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/229

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
211
LA FIN D’ANTONIA

Naît le soleil
Tendre encore et déjà vermeil.
C’est le matin de l’existence ;
C’est le joyeux commencement embaume d’espérance.
Ah ! qu’il est beau, ah ! qu’il est loin,
Notre matin !


Lui

Tes paroles
Délicieusement s’envolent
Et, mon être avec elles vole
En d’ondoyantes barcarolles.


Elle

Et puis
Vient le midi,
Le midi de la vie,
La vie toute fleurie.
Et le soleil rayonne au ciel,
Dans les fleurs pousse le miel,
Les oiseaux chantent,
Le flot des êtres flue dans les sentes,
Et les pensées propices
Sereinement s’épanouissent.
Alors sourdent les nobles gloires,
L’âme respire aux encensoirs,
Le cœur règne,
Et de l’illusion l’esprit s’imprègne.