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LA LÉGENDE D’ANTONIA

Des triomphes où je m’étais exaltée.
Voudrais-tu
Que je retourne aux chemins que j’ai parcourus’
Non, non, j’ai renoncé ;
Rien de l’humanité
Ne vaut que l’âme y demeure arrêtée.
Je sais et je renonce et je refuse ;
Je sais, mon cœur a tout éprouvé, je refuse,
Je renonce, tout est fini,
Tout est aboli,
Tout est anéanti,
Tout a péri,
Tout est détruit.

Enfant, je ne suis point
Celle qu’on aime encore, je ne suis point
Celle qui peut aimer… oh ! je viens de trop loin.

Tombée du soir.



Lui

Tes paroles, ô femme,
Ont un sens profond où ne va pas mon âme ;
Dans la mystérieuse errance
Qu’ont évoquée pour moi tes souvenances
L’esprit du berger
Conçoit mal les fatalités
Par où tes pas ont pu passer.
Mais que m’importe