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Moi, je suis l’épouse imparjurée,
Moi, mon âme est inviolée,
Moi, mon corps et mon cœur sont à l’époux,
Je ne suis pas, je ne suis pas à vous,
Moi, je suis à l’époux…

Maître !
Garde, reprends, sauve mon être !
Ah ! que tu tardes à paraître !
Ne vois-tu pas que je suis seule,
Que le délaissement pis que la mort me lient en un linceul,
Que toute chose m’est comme si elle n’était point,
Que de toi j’ai besoin ?
Vois ! l’isolement m’oppresse ;
Je suis femme et je meurs de détresse ;
Si j’ai péché, tu sais,
C’est que j’étais seule à jamais ;
Autant que mon âme,
Ma chair te réclame,
Tout ce que je suis après toi clame.
Accours !
Ô mon époux, mon seul asile, mon seul recours,
Toi celui à qui j’appartiens !
Toi, toi celui qui m’appartient !
Viens !

… Ah ! il revient !…