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Le souffle du désert aride
Peut venir qui dessèche la fleur languide ;
L’ouragan de prodige
Brisera la gracile tige ;
Mais la racine,
Rien ne la déracine ;
Mais la racine de la pâle fleur,
Au fond de l’âme, au fond du cœur,
Rien ne l’arrachera,
Rien ne l’abolira,
Toujours elle demeurera,
Là,
Toujours elle sera là.



Lui

Dans la nuit opportune
Vois monter le disque de la lune ;
La lune blanche et fatidique
Incante les choses de son reflet magique ;
La lune propice aux enchantements
Verse en les espaces ses bercements.



Elle

La racine de la fleur de la souvenance
Depuis les temps a répandu ses enlacements dans la conscience,
Depuis les temps que j’ai vagué par les déserts de l’existence,
Depuis l’éternité que mon être va son errance.
Les vents des quatre points du monde