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quand elle devient excessive, telle limite que comporte l’intérêt général.

L’insatiable collectionneur de millions sera arrêté dans sa manie par l’impôt sur le capital qui agira concurremment avec l’impôt sur le revenu, comme en Prusse, en Suisse et d’autres États. Ainsi, au delà de 40 millions de revenus, le surplus reviendra à la société en totalité, par l’impôt sur le revenu, et au delà d’un milliard de capital, une fraction du surplus reviendra encore à la société, par l’impôt sur le capital.

Il est mathématiquement impossible de rendre le travail plus productif de capital, si on ne rend pas le capital excessif, soumis par l’impôt à ce prélèvement au profit de la collectivité. On ne peut résoudre le problème économique qu’en mettant le plus possible le capital et le travail dans la même main. Il y a aujourd’hui trop de capital sans travail, en quelques mains, et trop de travail sans capital, en trop de mains.

Plus loin, M. Colson (p. 285) considère la progression basée sur l’importance des parts, dans une succession, absolument justifiée. « En faisant, dit-il, la théorie générale des impôts, nous avons exposé que l’impôt progressif sur le revenu, légitime en lui-même, devait être absolument écarté, à cause du caractère arbitraire et inquisitorial qu’il revêt nécessairement. En matière de successions, la progression porte sur une évaluation en capital, bien plus facile que l’évaluation des revenus, dans laquelle l’appréciation des bénéfices industriels est impraticable. L’impôt ne se perçoit que de loin en loin, à un moment où presque toujours les familles ont besoin, pour leurs arrangements intérieurs, de procéder a l’inventaire complet des biens du défunt et souvent même, de