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Page:Du Bellay - Œuvres complètes, édition Séché, tome 3.djvu/28

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XXXII

Esperez-vous que la posterité
Doive, mes vers, pour tout jamais vous lire ?
Esperez-vous que l’œuvre d’une lyre,
Puisse acquerir telle immortalité ?

Si sous le ciel fust quelque eternité,
Les monumens que je vous ai fait dire,
Non en papier, mais en marbre et porphyre,
Eussent gardé leur vive antiquité.

Ne laisse pas toutefois de sonner
Luth, qu’Apollon m’a bien daigné donner,
Car, si le temps ta gloire ne desrobe,

Vanter te peux, quelque bas que tu sois,
D’avoir chanté le premier des François
L’antique honneur du peuple à longue robe.