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Page:Du Bellay - Œuvres complètes, édition Séché, tome 3.djvu/139

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Le pré, le champ, et le terroy aussi En fein, en grain, en vandange foisonne. De chaut, de gresle, et de froid qui estonne L’herbe, l’espic, le sep, n’ayons souci : Aux fleurs, aux grains, aux raisins adouci Soit le printemps, soit l’esté, soit l’autonnc. Le bœuf, l’oyseau, la chèvre ne dévore L’herbe, le blé, ni le bourgeon encore. Faucheurs, coupeurs, vendangeurs, louez donques Le pré, le champ, le vignoble Angevin : Granges, greniers, celiers on ne vid onques Si pleins de fein, de fourment, et de vin.


D’UN BERGER, A PAN Robin par bois et campagnes, Par boccages et montaignes. Suivant naguère un taureau Egaré de son troupeau, D’un roc eslevé regarde, Void une biche fuyarde, D’un dard la fait trébucher. Trouve en l’antre d’un rocher Les petitz faneaux, qu’il donne A Jannette sa mignonne : Puis fait à ses compaignons Un banquet d’aulx et d’oignons, Faisant courir par la trouppe De vin d’Anjou mainte couppe : Quant au reste, ô Dieu cornu, Au croc de ce pin cogneu Pour ton offrande j’apporte La peau de la biche morte.


D’UN CHASSEUR Pan, des forests habitant l’espaisseur, Pan, pied de bouc, Robinet ton chasseur Accoustumé jadis de faire teste A la fureur de mainte fiere beste, Et par lequel à cestuy pin sacré Tu vois encor, s’ils te viennent à gré,