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vant donner abri aux deux femmes. Pour y maintenir une température supportable, il y fit porter un fourneau à pétrole d’un modèle perfectionné, sur lequel on pouvait en même temps faire fondre de la glace et bouillir dix litres d'eau.

Mais Georges Durtal, qui présidait à l’ensemble de l’arrimage, objecte que, même sous une tente en peau, même avec la distance considérable qui séparait la nacelle de l’aérostat, il était bien dangereux d’installer une source de chaleur dans le voisinage d’une pareille masse d’hydrogène. La difficulté fut surmontée par l’adaptation au fourneau d’un treillage métallique. Le forgeron du bord choisit à cet effet un grillage à mailles très serrées, et l’électricien y installa une mise de feu électrique par l’essence, qui dispensait d’allumer une allumette à l’extérieur du fourneau.

Expérimenté aussitôt, l’appareil fonctionne parfaitement, et, en moins d’une heure, amena à la température d’ébullition les dix litres d’eau de son récipient. En même temps, la température intérieure de la tente montait de 3 à 16 degrés.

C’était un résultat inappréciable pour le moment où les aéronautes aborderaient les 30 ou 40 degrés de froid du bloc polaire.

Quant aux autres passagers, pour lesquels il était impossible de monter une seconde tente, qui eût enrayé toute possibilité de manœuvre à bord du Patrie, ils devraient se contenter des sacs en peau, très confortablement aménagés d’ailleurs, dont