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plaindre. S’il lui arrivait de s’attaquer à une personne innocente, certes oui, nous pourrions le prendre sur le fait, mais il est rusé comme le diable en personne… Non, non, c’est sur un autre terrain qu’il faut chercher à le pincer.

— Pourquoi vient-il ici ?

— Parce qu’une cliente de la plus haute noblesse, lady Eva Brackwell, la plus élégante débutante de la dernière saison, a mis sa cause entre nos mains. Elle doit épouser dans quinze jours le comte de Dovercourt. Ce démon de Milverton a, en sa possession, plusieurs lettres imprudentes (imprudentes, Watson, et rien de plus), écrites par elle à un jeune homme de province sans fortune, qui les lui a vendues. Elles suffiraient à faire rompre le mariage. Milverton doit les envoyer au comte si la jeune fille ne lui verse une grosse somme d’argent. Elle m’a prié de le voir et, si possible, de traiter l’affaire avec lui.

Au même instant, j’entendis un remue-ménage dans la rue. Mettant la tête à la fenêtre, j’aperçus un superbe équipage, dont les lanternes se reflétaient sur la robe de deux su-