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prenais bientôt de sa propre bouche les violences dont elle avait été victime, et je maudissais son mari, qui osait maltraiter la femme que j’adorais. Je me tenais debout auprès d’elle dans l’embrasure de la porte, en toute innocence, je le jure, quand l’homme entre dans la pièce comme un fou, lui adressant l’injure la plus ignoble qu’un homme puisse lancer à une femme, et la frappe au visage avec un gourdin qu’il tenait à la main. Je me précipite sur le tisonnier pour avoir l’égalité dans une lutte devenue fatale entre nous. Voyez ici sur mon bras la trace de son premier coup — à mon tour, je le frappe et lui fracasse le crâne. J’ose le dire, je ne regrette rien : il fallait que l’un de nous deux disparût ! Bien plus ! C’était la vie de sa femme qui était en jeu ! Voilà dans quelles conditions je l’ai tué. Ai-je eu tort ? Qu’eussiez-vous fait à ma place ? Au moment où elle avait été frappée, la pauvre femme avait poussé un cri qui avait fait descendre la vieille Thérèse. Il y avait une bouteille de vin sur le buffet, j’en versai quelques gouttes entre les lèvres de Mary, que le coup avait à demi assommée, et j’en pris un peu moi-même. Thérèse,