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condamnée à temps. Mon mari, emportant son bien mal acquis, passa en Angleterre, et il y vécut tranquille, sachant fort bien que si les Frères savaient où il se cachait, une semaine ne se passerait pas sans que l’œuvre de justice ne s’accomplît.

Le vieillard saisit une cigarette d’une main tremblante.

— Je suis entre vos mains, Anna… Vous avez toujours été bonne pour moi…

— Je ne vous ai pas encore fait connaître toute sa lâcheté. Parmi nos camarades, il y en avait un qui était l’ami de mon cœur. C’était un noble caractère, ayant toutes les qualités qui manquaient à mon mari. Il détestait tout acte de violence. Nous étions tous coupables aux yeux de la loi, lui seul ne l’était pas. Il nous écrivait sans cesse pour nous dissuader d’agir illégalement ; ses lettres auraient pu le sauver, ainsi que mon journal où, jour par jour, j’écrivais ses pensées et nos actions. Mon mari trouva le journal et les lettres, les conserva par-devers lui, les cacha et fit tous ses efforts pour faire pendre ce jeune homme. Il ne put réussir, mais Alexis fut envoyé comme