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escarmouches en Italie, où un soldat pût s'attendre à récolter argent ou renommée. J'errai donc par le Continent, fort marri de l'étrange paix qui régnait partout. À la fin pourtant, arrivé aux Pays-Bas, j'appris que la Providence ayant pour propriétaires et commandants mes deux frères Nonus et Quartus était sur le point de partir d'Amsterdam pour une expédition à la côte de Guinée. Je leur proposai de me joindre à eux. Je fus donc pris comme associé à condition de payer un tiers du prix de la cargaison. Pendant que j'attendais au port, je rencontrai quelques-uns des exilés, qui, ayant entendu parler de mon dévouement à la cause protestante, me présentèrent au Duc et au Maître Rumbold, qui confièrent ces lettres à mes soins. Voilà qui explique clairement de quelle manière elles sont venues entre mes mains.

-Mais non de quelle manière vous et elles, vous êtes trouvés à l'eau, suggéra mon père.

-Oh! c'est par le plus grand des hasards, dit l'aventurier avec un léger trouble. Ce fut la fortuna belli, ou pour parler avec plus de propriété, pacis. J'avais demandé à mes frères de s'arrêter à Portsmouth pour que je puisse me débarrasser de ces lettres. À quoi ils ont répondu en un langage de gens mal élevés, de butors, qu'ils attendaient les mille guinées qui représentaient ma part dans l'entreprise. À quoi j'ai répondu avec une familiarité fraternelle que