Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/93

Cette page n’a pas encore été corrigée


pour le moment ses besoins charnels étaient satisfaits.

-Je me fais, dit-il, une règle d'obéir au sage précepte, d'après lequel on doit se lever de table avec assez d'appétit pour manger autant qu'on vient de manger.

-Je conclus de vos paroles, monsieur, que vous avez fait de rudes campagnes, remarqua mon père, quand la table fut desservie, et que ma mère se fut retirée pour la nuit.

-Je suis un vieux batailleur, répondit notre hôte, en revissant sa pipe, un vieux chien si maigre de la race des «Tiens ferme». Ce corps que voici porte les traces de maints coups d'estoc et de taille reçus au service de la loi protestante, sans compter d'autres, reçus pour la défense de la Chrétienté en général dans les guerres contre le Turc. Monsieur, il y a des gouttes de mon sang sur toute la carte d'Europe. Sans doute, je le reconnais, il ne fut pas toujours versé dans l'intérêt public, mais pour défendre mon honneur dans un ou deux duels, ou holmgangs, ainsi que cela se nommait chez les nations du Nord. Il est nécessaire qu'un cavalier de fortune, qui le plus souvent est un étranger en pays étranger, se montre un peu chatouilleux sur ce point, car il est en quelque sorte le représentant de son pays dont le bon renom doit lui être plus cher que le sien propre.

-En pareille circonstance, votre arme était l'épée, je suppose ? dit mon père, en