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a paroisse.

Ayant appris que j'étais le fils d'un indépendant, il réprimanda sévèrement Mr Chillingworth pour avoir manqué de tact en me recevant dans son école.

Et, en effet, il en fallut rien moins que la bonne réputation d'orthodoxie de ma mère pour qu'il consentît à ne pas exiger mon renvoi.

À l'autre bout du village, il y avait une grande école de jour.

Il existait une inimitié perpétuelle entre les écoliers qui la fréquentaient et ceux que dirigeait notre maître.

Personne n'eût pu dire comment la guerre éclata, mais pendant bien des années on se chercha querelle mutuellement, et cela finissait par des escarmouches, des algarades, des embuscades, et une bataille rangée de temps en temps.

On se faisait peu de mal dans ces rencontres, car les armes consistaient l'hiver, en boules de neiges, l'été en pommes de pin ou mottes de terre.

Alors même qu'on s'abordait de plus près, qu'on en venait aux coups de poing, les pires effets se bornaient à quelques contusions, quelques gouttes de sang.

Nos adversaires avaient sur nous la supériorité du nombre, mais nous avions l'avantage d'être toujours groupés, d'avoir un asile sûr pour battre en retraite.

Eux, au contraire, habitaient des maisons