Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/42

Cette page n’a pas encore été corrigée


Le duc d'York, son frère cadet, était donc l'héritier du trône.

On le savait Papiste austère et borné.

Son épouse, Marie de Modène, était aussi bigote que lui.

S'ils avaient des enfants, il était hors de doute qu'ils seraient élevés dans la religion de leurs parents, et qu'une lignée de rois catholiques occuperait le trône d'Angleterre.

Et c'était une perspective intolérable tant pour l'Église, telle que la représentait ma mère, que pour les non-conformistes, personnifiés par mon père.

Je vous ai raconté toute cette histoire ancienne parce que vous vous apercevrez, à mesure que j'avance dans mon récit, que cet état de choses finit par causer dans toute la nation un bouillonnement, une fermentation telle que moi-même, un simple jeune campagnard, je fus entraîné par le tourbillon, et que pendant toute ma vie j'en ressentis l'influence.

Si je ne vous indiquais pas avec clarté la suite des événements, vous auriez grand-peine à comprendre les influences qui produisirent un tel effet sur ma carrière entière.

En attendant je tiens à vous rappeler que quand le roi Jacques monta sur le trône, ce fut au milieu du silence boudeur d'un grand nombre de ses sujets, et que mon père et ma mère étaient au même degré de ceux qui