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n'était qu'un grondement rauque, prenait maintenant une forme définie.

-À bas le Papiste, criait-on, à bas les prélatistes!

-À mort le boucher érastien!

-À mort les cavaliers philistins!

-À bas! à bas!

Quelques pierres avaient déjà sifflé à nos oreilles, et pour nous défendre, nous avions été forcés de tirer nos épées, lorsque le ministre de haute taille, que nous avions déjà remarqué, se fraya passage à travers la cohue, et grâce à sa stature et à sa voix impérieuse, parvint à obtenir le silence.

-Qu'avez-vous à dire ? demanda-t-il, en se tournant vers nous. Combattez-vous pour Baal ou pour le Seigneur ? Qui n'est pas avec nous est contre nous.

-De quel côté se trouve Baal, très Révérend monsieur, et de quel côté se trouve le Seigneur ? demanda Sir Gervas Jérôme. M'est avis que si vous parliez en bon anglais au lieu de parler hébreu, nous arriverions plutôt à nous entendre.

-Ce n'est pas le moment pour des propos légers, s'écria le ministre, dont la figure s'empourpra de colère. Si vous tenez à l'intégrité de votre peau, dites-moi si vous êtes pour le sanguinaire usurpateur Jacques Stuart, ou pour sa Très Protestante Majesté le Roi Monmouth.

-Quoi! il a déjà pris ce titre ? s'écria Saxon.