Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/267

Cette page n’a pas encore été corrigée


si ce n'est le matin, quand j'ai mes crises, et le coeur disposé à la joie; je marque deux pour cela.

«Je sais danser la sarabande, le menuet, la courante, faire de l'escrime, monter à cheval, chanter des chansons françaises. Bon dieu, a-t-on jamais entendu un valet faire valoir de telles connaissances. Je suis le meilleur joueur de piquet qu'il y ait à Londres. C'est ce que dit Sir George Etheredge, le jour où je lui gagnai bel et bien mille livres, au Groom Parter, mais voilà qui ne m'avancera pas beaucoup.

«De quoi donc puis-je me recommander ? Ah! j'y suis: je sais préparer un bol de punch et je sais faire rôtir une volaille à la broche, ce n'est pas beaucoup mais enfin je m'en tire fort bien.

-Vraiment, mon cher Monsieur, dis-je en souriant, aucun de ces talents ne semble devoir nous être de quelque utilité dans l'affaire qui nous occupe. Mais sans doute, vous voulez simplement plaisanter quand vous parlez de vous abaisser à une situation pareille.

-Pas du tout! Pas du tout, répondit-il d'un air sérieux, «C'est à ces bas emplois que nous en venons» ainsi que le dit Will Shakespeare. Si vous voulez être en mesure de dire que vous avez comme domestique Sir Gervas Jérôme, chevalier banneret, seul propriétaire de Beacham-Ford-Park, ayant un revenu de quatre mille bonnes livres par an, il est maintenant en vente, et sera livré à l'acquéreur qui lui plaît le mieux.