Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/236

Cette page n’a pas encore été corrigée


longueur, sous le brusque contact des éperons.

-Voici, s'écria-t-il en lui faisant faire demi-tour, sa figure farouche et maigre toute frémissante de colère, voici un emplacement bien nivelé, qui sera excellent pour régler l'affaire. Tirez votre aiguille et soutenez vos dires.

-Je ne bougerai pas de l'épaisseur d'un cheveu pour vous attaquer, répondis-je. Pourquoi le ferais-je, alors que je ne vous en veux nullement. Mais si vous fondez sur moi, je vous jetterai sûrement à bas de votre selle, malgré tous vos artifices d'escrimeur.

En parlant ainsi, je tirai mon sabre et me mis en garde, car je sentais bien qu'avec un vieux soldat comme celui-là, le premier choc serait rude et brusque.

-Par tous les Saints du ciel, cria Ruben, le premier des deux qui frappe l'autre, je lui décharge ce pistolet dans la tête. Pas de ces jeux-là, Don Decimo, car par le Seigneur, je fonds sur vous, quand même vous seriez le fils de ma propre mère. Rengainez votre épée, car une détente part aisément, et le doigt me démange.

-Au diable soit le trouble-fête! grogna Saxon, remettant son épée au fourreau d'un air bourru.

«Non, Clarke, reprit-il, après quelques moments de réflexion, ce n'est qu'une plaisanterie d'enfants, que jouent deux camarades pour voir lequel des deux se fâchera pour une bagatelle. Moi qui suis assez âgé pour être votre père, j'aurais