Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/215

Cette page n’a pas encore été corrigée


tte odeur peut-être gênante pour votre odorat qui n'y est point accoutumé; nous allons la chasser.

Il jeta sur le feu quelques grains d'une résine balsamique, qui remplit toute la pièce du parfum le plus agréable.

Puis, il étendit sur la table une nappe blanche, prit dans un placard un plat de truite froide et un grand pâté de viande, qu'il mit devant nous, après nous avoir invités à rapprocher nos sièges et à nous mettre à la besogne.

-Je ne demanderais pas mieux que de vous offrir quelque chose de plus appétissant, dit-il. Si nous étions à Snellaby-Hall, vous ne seriez pas accueillis de cette façon misérable, je vous le promets. Mais enfin cela peut rendre service à des gens qui ont faim, et je suis encore en mesure de mettre la main sur une paire de bouteilles de vieil Alicante.

En disant ces mots, il tira d'un enfoncement deux bouteilles.

Il nous invita à nous servir, à remplir nos verres, et s'assit sur une chaise de chêne à haut dossier, pour présider à notre festin avec la courtoisie de l'ancien temps.

Pendant le souper, je lui contai nos aventures de la nuit, sans rien dire de notre destination.

-Vous êtes en route pour le camp de Monmouth, dit-il tranquillement, en me regardant bien en face de ses yeux noirs et pénétrants, quand j'eus fini. Je le sais, mais vo