Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/205

Cette page n’a pas encore été corrigée


Mais je suis sûr qu'une de mes balles est arrivée au but.

Allumant un morceau de papier amadou pris dans sa boîte à tabac, il le promena le long du corps du chien qui m'avait attaqué, puis sur l'autre.

-Tiens! Celui-ci est criblé comme une écumoire, s'écria-t-il. Avec quoi chargez-vous donc vos pétrinaux, bon maître Clarke ?

-Avec deux chevrotines de plomb.

-Avec deux chevrotines de plomb qui ont fait au moins une vingtaine de trous. Et ce qu'il y a de plus curieux au monde, c'est qu'il y a incrusté dans la peau de la bête, un goulot de bouteille.

-Grands Dieux! m'écriai-je, je me souviens: ma bonne mère avait placé un flacon d'élixir de Daffy dans le canon de mon pistolet.

-Et vous l'avez déchargé sur ce mâtin ? brailla Ruben. Ho! Ho! quand on entendra conter cette histoire devant les robinets à la Gerbe de blé, il y aura plus d'un gosier de sec à force de rire. Ce qui m'a sauvé la vie, c'est un flacon d'élixir de Daffy tiré dans le corps d'un chien.

-Mais il y avait aussi une balle, Ruben, et je crois bien que les compères n'auront garde de mentionner ce détail. C'est un vrai coup de chance que le pistolet n'ait pas éclaté. Et maintenant, que proposez-vous de faire, Maître Saxon ?

-D'abord je veux tâcher de ravoir ma jument,