Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/193

Cette page n’a pas encore été corrigée


-Ayez le coeur ferme, cria le vieux soldat, qui alors nous précédait de vingt yards au plus. Nous pouvons les entendre parce que le vent souffle de ce côté, mais ce serait bien singulier qu'ils nous entendent. Il me semble qu'ils ralentissent leur poursuite.

-En effet, le bruit de leurs chevaux est devenu moins distinct, dis-je avec joie.

-Si peu distinct, que je ne l'entends plus du tout, s'écria mon camarade.

Nous arrêtâmes nos coursiers haletants, et tendîmes l'oreille.

Mais on n'entendait aucun bruit si ce n'est le doux murmure de la brise à travers les genêts et le cri mélancolique de l'engoulevent.

Derrière nous s'étendait la vaste plaine ondulée, à moitié éclairée, à moitié dans l'ombre, et fuyant vers l'horizon sombre, sans qu'il s'y remarquât un indice de vie ou de mouvement.

-Nous les avons entièrement dépassés, ou bien ils ont renoncé à nous faire la chasse, dis-je. Mais qu'ont donc les chevaux pour trembler et renâcler ainsi ?

-Ma pauvre bête est presque morte, remarqua Ruben, en se penchant en avant, et frappant la main sur la crinière fumante de son cheval.

-Malgré tout cela, impossible de prendre du repos, dit Saxon, il peut se faire que nous ne soyons pas encore hors de danger.