Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/182

Cette page n’a pas encore été corrigée


m'arrive de rencontrer ce même Oglethorpe, ou Ogilvy, quand la petite affaire sera finie, je lui donnerai une leçon pour lui apprendre à s'occuper moins de chimie et un peu plus de la nécessité de se conformer aux règles de la prudence militaire... C'est bien d'être toujours poli avec les inconnus et de donner des renseignements, pourvu que ces renseignements soient faux.

-Comme le sont peut-être les siens, suggérai-je.

-Oh! non, ils sont sortis de sa bouche avec trop de volubilité... Tout doux! Chloé, tout doux. Elle est bourrée d'avoine et ne demande qu'à prendre le galop, mais il fait diablement noir. C'est à peine si nous voyons notre chemin.

Nous avions suivi au trot la grande route indiquée par une vague blancheur dans les ténèbres, pendant que le feuillage épais des arbres s'agitait des deux côtés, à peine entrevu sur le fond noir des nuages.

Nous arrivions alors au bord oriental de la grande plaine qui s'étend à quarante milles dans un sens et à vingt milles dans l'autre, sur une grande partie du comté de Wilts, et plus loin que la limite du comté de Somerset.

La grande route de l'Ouest longe ce désert, mais nous avions décidé de suivre un chemin moins battu qui nous conduirait à notre but, mais d'une façon plus