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les choses que je décris, et que cette main a porté des coups pour une bonne cause, et ce sera dès lors tout autre chose pour vous, j'en suis sûr.

Tout en m'écoutant, ne perdez pas de vue que c'était votre querelle aussi bien que la nôtre, celle pour laquelle nous combattions, et que si maintenant vous grandissez pour devenir des hommes libres dans un pays libre, pour jouir du privilège de penser ou de prier comme vous l'enjoindront vos consciences, vous pouvez rendre grâces à Dieu de récolter la moisson que vos pères ont semée dans le sang et la souffrance, lorsque les Stuarts étaient sur le trône.

C'était en ce temps-là, en 1664, que je naquis, à Havant, village prospère, situé à quelques milles de Portsmouth, à peu de distance de la grande route de Londres, et ce fut là que je passai la plus grande partie de ma jeunesse.

Havant est aujourd'hui, comme il était alors, un village agréable et sain, avec ses cent et quelques cottages de briques dispersée de façon à former une seule rue irrégulière.

Chacun d'eux était précédé de son jardinet et avait parfois sur le derrière un ou deux arbres fruitiers.

Au milieu du village s'élevait la vieille église au clocher carré, avec son cadran solaire pareil à une ride sur sa façade grise et salie par le temps.

Les Presbytériens avaient leur chapel